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Le jour où je t’ai rencontré – récit d’un accouchement

Le jour ou je t’ai rencontré


Je sais que certaines écrivent leur plan de naissance, je n’avais pas voulu le faire car je savais pertinemment qu’on ne peut pas contrôler son accouchement. J’avais beaucoup lu, fait ma préparation avec la sage-femme, regardé un tas d’informations et rien n’aurait pu me préparer à ce moment.

Tout débute le samedi 25 janvier 2020 à 7h30 quand je sens dans mon lit du liquide couler, est-ce que j’ai rompu la poche des eaux ? Je me lève, il y a un peu de liquide, pas beaucoup, est-ce une fissure ? J’essaie de rester un peu plus longtemps allongée puis je me prépare car j’ai un rendez-vous professionnel de 10h à 12h. Intérieurement je sais que j’ai fissuré la poche des eaux, mais je sis que si je vais maintenant à la maternité ils vont me garder, je me rassure en me disant que finalement ça ne fuit pas trop. Je pars à mon rendez-vous, à 12h j’appelle Stef pour lui dire que c’est bon ça n’a pas coulé depuis ce matin, que l’on peut aller faire des courses. Je raccroche, fais deux pas de plus et sens que ça coule. Maintenant j’en suis certaine: j’ai une fissure. Je le rappelle et lui dit de prendre mon dossier de grossesse, que l’on va à la maternité. On arrive, la sage-femme fait le test afin de savoir s’il y a du liquide amniotique, c’est positif. Ils me gardent. Je ne vais pas vous raconter tout ce qu’il s’est passé durant les 3 prochains jours car cela serait trop long. En résumé, après nous avoir annoncé qu’ils déclencheraient le travail dans les 48h, finalement ils ont préféré attendre le dimanche suivant, le lundi on demande donc à mon gynécologue que je puisse rentrer à la maison et être suivie par ma sage-femme en attendant le 2 février pour le déclenchement. Il accepte, je rentre pour une semaine à la maison alitée avec un monitoring de contrôle tous les jours.

Le samedi 1er février, après une semaine à vivre dans mon lit, alors que Stef vient de rentrer d’une prestation à 1h30 du matin je sens des contractions qui me réveillent à 2h00. Une, deux, trois.. elles sont douloureuses et régulières, je prends mon téléphone, je commence à les noter, 8min, 5min.. je me lève et prend une douche pour voir si elles continuent. Oui, 5min, 3min… ma sage-femme m’avait dit la veille que dès lors que j’avais des contractions douloureuses j’aille à la maternité, de ne pas attendre avec la fissure de la poche.
Il est 3h30 je réveille Stef, on prend le sac et la valise de maternité et on y va.


A 4h00 je suis à la maternité, le monitoring en place, la sage-femme vérifie le col, il est fermé et postérieur et les contractions sont régulières. Elle connaît mon dossier, la fissure, elle a tous les éléments et à mon étonnement me propose si je le souhaite de poser une péridurale – même si je ne suis pas encore à 3cm –. Je lui dis qu’avant de poser la péridurale j’aimerais essayer de faire mon maximum pour ouvrir le col, alors on monte poser les affaires dans notre chambre, on marche dans les couloirs, on prend les escaliers. La douleur s’intensifie. Au bout d’une heure on redescend, bilan : le col n’a pas bougé. Elle me propose à nouveau la péridurale ou un bain car je n’ai pas d’infection et qu’elle a le feu vert pour la baignoire. Je reste plus de 40min dans l’eau chaude puis elle verifie le col, rien, il n’a pas bougé.

Il fait maintenant jour dehors, les heures passent et le col ne bouge pas. Elle me propose des cachets ou péri, je prends les cachets. Je souhaitais aider bébé au maximum, ouvrir ce col, libérer des endorphines pour que le travail soit plus facile pour lui, malheureusement 2h après le col n’a toujours pas bougé. Je suis fatiguée, j’en suis à 10h de contractions douloureuses. Je me demande comment je vais faire pour tenir plus longtemps si le col ne s’ouvre pas rapidement, la douleur est présente, la régularité des contractions fait que je n’arrive pas à récupérer et je manque de plus en plus d’énergie.

Finalement je dis oui à la péridurale, elle appelle l’anesthésiste, je vais dans la salle d’accouchement. Tout devient concret quand je rentre dans cette pièce. Je met la blouse et la charlotte sur la tête, je m’installe sur la table d’accouchement. L’anesthésiste arrive, Stef sort de la salle, il m’explique chaque étape avant de commencer. C’est ridicule, une fille d’anesthésistes qui a peur de cette aiguille, je ne lui dis pas, je pense d’ailleurs n’en avoir parlé à personne, j’essaie de penser à autre chose. Je courbe le dos, mes jambes tremblent au point ou il me demande de respirer, de ne plus bouger mais je ne les contrôle plus mes jambes, il commence à endormir la zone puis il fait la péridurale. Finalement c’est rapide, sans douleur, je m’en suis fait toute une montagne pour rien. Je m’allonge ensuite, je sais que je dois vérifier si la péridurale a bien pris des deux côtés, puis quelques minutes après c’est bon, elle a bien pris, je sens peu à peu les contractions être de moins en moins douloureuses. J’arrive quand même à bouger les jambes, ça va me permettre de pouvoir faire du ballon par la suite pour aider l’ouverture du col. Je me dis que peut être la péridurale va permettre d’ouvrir plus rapidement le col, j’en profite pour faire une petite sieste et récupérer avant que tout s’accélère.

Je me réveille, la sage-femme a changé, c’est une nouvelle équipe, elle vérifie le col. Visiblement non, la péridurale n’a rien accéléré, il est toujours fermé et postérieur. La salle d’accouchement n’a pas de fenêtre, je perds peu à peu la notion du temps sous le rythme des battements cardiaques de son petit cœur que j’entend avec le monitoring. On m’injecte de l’ocytocine pour accélérer les contractions et le travail. Plusieurs heures après, le col n’a toujours pas progressé, on m’injecte donc une seconde fois cette hormone. Je sais avec mes cours de préparation à l’accouchement que je peux demander un ballon pour faire des exercices même en étant allongée et avec la péridurale, j’en fais, cela va peut être aider à accélérer le travail ? Finalement à 21h le 1er février le col a décidé de s’ouvrir, puis elle m’annonce le chiffre.. 2cm. On est encore loin mais ça s’ouvre. Je pose la question bêtement « en général cela prend combien de temps lorsque l’on est à 2cm? » elle me répond « à partir de 3 cm on compte environ 1cm par heure ». J’ai clairement le temps de faire une sieste, je m’assoupis et me réveille en sentant des contractions arriver peu à peu. Il y a un soucis, la péridurale est entrain de ne plus faire effet, je sonne pour appeler les sages-femmes, 15min après Stef va les chercher mais il y a des urgences et personne n’est disponible. Elle arrive, remet du produits, cela va mieux. Je regarde l’heure on arrive bientôt à minuit, il va naître le 2 février !

A la fin de la grossesse je n’arrêtais pas de lui dire « ne sors pas avant le 2 février !», il m’aura donc écouté.

Dans la nuit, le travail avance toujours lentement, la sage-femme me rompt donc la poche des eaux totalement pour accélérer l’ouverture du col. Moi qui avait peur de ne pas avoir trop de liquide amniotique pour mon bébé, il n’y avait pas de risque, le liquide coule, il y en avait plein encore. Le temps passe et quelques minutes après, les contractions reviennent. J’ai vraiment très mal, j’essaye de respirer, de souffler quand elles sont là. J’appelle la sage-femme, elle revient, m’injecte un produit en attendant que la péridurale refasse effet. Ça m’assomme et je m’endors. A mon réveil Stef est là, je lui dis qu’elle m’a donné un autre produit, que c’était une sacrée dose, que j’ai dormi directement, mais je sens que je commence à trembler, je ne me sens pas bien, je lui demande de m’amener une bassine, il a à peine le temps de me la donner que je vomis. La sage-femme arrive, elle regarde, je suis trempée, le liquide amniotique avait continué à couler et visiblement ma vessie a trouver la bonne idée de se vider lorsque j’étais endormie. Le produit injecté fait que je ne sens plus du tout le bas de mon corps, j’ai eu froid et c’est pour cela que je tremblais et donc j’ai vomis.. bref un moment glorieux pour le t-shirt de Stef, et la pauvre sage-femme qui change les draps.

Le col continue à s’ouvrir très lentement, au début avec Stef on s’amusait à compter le nombre de bébé qui naissaient, on a perdu le fil avec le temps qui passait. La sage-femme me propose de l’homéopathie pour aider à ouvrir le col, j’en prend. A y repenser, j’ai peut être eut tout ce qui pouvait être fait pour que le col s’ouvre. Etonnement mentalement ça va, je me dis juste que ça se rapproche, que je vais bientôt voir mon fils, que je vais devenir maman. C’est ce qui me choque le plus, je vais être officiellement bientôt Maman. Finalement pour rire on va peut être l’appelé « Désiré » cet enfant, d’ailleurs on reparle des prénoms avec Stef, est-ce-qu’on arrive a se mettre d’accord sur le troisième prénom ? On aimerait bien mettre un prénom français mais on n’aime pas la signification ou finalement il nous plait pas tant que ça.. il est peut être trop tard ou tôt pour avoir cette discussion, on est fatigué. On décide de faire une sieste, tout en ayant encore j’ai les jambes sur le ballon.

La sage-femme revient, il est bientôt 7h, elle va bientôt devoir quitter le service. On se met en position pour essayer de pousser, la tête de bébé a du mal à descendre. Son rythme cardiaque est bon, mais il ne veut pas descendre maintenant que le col est ouvert. On essaie une autre position puis elle se demande si la tête n’est peut être pas dans le bon angle, elle n’arrive pas à le savoir en touchant. La gynécologue de garde arrive, elles font une échographie pour voir comment est placée sa tête. Intérieure je prie pour que sa tête soit bien positionnée. C’est bon, elle est bien mise, c’est juste long. On comprendra après en mesurant le périmètre crânien qu’il a juste une grande tête. On me met dans une autre position pour voir si la gravité peut le faire descendre plus vite. Puis la sage-femme s’excuse de devoir partir car son service est terminé. La relève arrive, c’est la même sage-femme qui m’a accueilli à notre arrivée et qui s’est occupé de moi la veille.

Quelques minutes après être dans une autre position je sens que mon bassin me fait mal, j’ai l’impression qu’il va s’arracher en un million de morceaux, je n’ai pas de douleurs de contractions mais c’est pire, d’ailleurs vu que je n’ai pas les douleurs des contractions je ne comprend pas tout de suite que la péridurale s’est encore arrêtée. J’ai la sensation que le bassin s’étire dans tous les sens, qu’il se fracture, j’ai extrêmement mal, bien plus que les autres fois ou la péridurale a arrêté de fonctionner. J’ai tellement mal que je ne contrôle plus mes émotions, je pleurs à chaque « contraction » dans le bassin, je ne sais pas si c’est la douleur combinée à la fatigue, mais je craque. Stef appelle la sage-femme, elle arrive et me dit que c’est bon signe, que bébé arrive, qu’il faut pas s’inquiéter. Elle me remet une dose de péridurale car je n’arrive plus du tout à supporter la douleur. Elle n’a pas le temps de faire totalement effet que la gynécologue et la sage-femme me demande de pousser. Sa tête est encore bloqué, la gynécologue utilise une ventouse, je continue à pousser. A chaque contraction je pousse, puis elles disent que sa tête est là, elles me demandent si je veux voir sa tête, je leur répond que non, que je veux juste qu’il puisse sortir, je ne veux pas perdre de temps pour qu’il puisse être la rapidement. Elles me disent qu’à la prochaine contraction il est avec nous, je demande si je peux pousser sans attendre la prochaine contraction car j’ai toujours mal au bassin, elles me disent oui, alors je pousse, sa tête sort, puis son corps. Il ne crie pas, elles le posent sur moi, il est là. Une larme de joie coule sur ma joue, il est là, notre fils est là contre nous.

Fox Dera est né le 2 février 2020 à 8h24

 

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Ce n’était pas un accouchement rapide, ce n’est pas un accouchement dont on rêve lorsqu’on pense au jour J, mais c’est l’histoire du jour où je l’ai rencontré et je ne l’échangerais pour rien au monde, pas pour une péridurale qui fonctionnerait sans aucun arrêt, pas pour un accouchement très rapide et sans douleur. Je prend mes 28h de travail, mes 18h de péridurale avec 4 arrêts, le vomissement, les vidages de vessie, les douleurs de contractions, les douleurs dans le bassin, les points de suture. Car oui, c’est vrai lorsqu’on t’a posé sur mon ventre, j’ai oublié toute la douleur, toutes les heures.  Car à 8h24 tu es devenu la personne la plus importante de mon monde.

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3 réflexions au sujet de “Le jour où je t’ai rencontré – récit d’un accouchement”

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